
Aujourd’hui je déjeune avec deux membres actifs du Gourmandiseur, les bien-nommés Pierre et Maxime, dont vous avez déjà pu lire des AOP (Avis d’Origine Protégé) de leur plume respective. En chemin nous passons prendre Milady qui se fera une joie d’apporter cette part de féminité qui manque souvent dans les déjeuners des Mousquetaires du Roy. Donc dans la famille « C », je choisis le père, la mère et le fils, il ne manque plus que le Colonel Moutarde en cuisine avec son chandelier… (Smiley !)
Il y a quelques semaines déjà que Pierre m’avait fait bloquer cette date en me parlant d’une découverte qu’il nous fallait absolument faire ensemble. Ayant mon entière confiance, je ne vais dès lors pas voir ce qui se dit sur la toile, je veux être comme une jeune fille de bonne famille à la veille de célébrer ses noces avec le Prince (non, pas de Lu !) de son choix !
Cuisine & nous, cuisinez-nous, cuisine et moi, cuisinez-moi, cuisine émoi… le ton est donné. Une fois la porte passée, quelle surprise, ce restaurant est énorme, la façade peut faire penser à une bonbonnière d’une vingtaine de places, mais une fois dedans, vous pouvez multiplier ce nombre par quatre. L’établissement est très classe, le patron aussi d’ailleurs, joli nœud papillon, et très prévenant, très vieille France. Plusieurs salles se jouxtent, cuisines ouvertes, grande terrasse, grand bar, tout cela a beaucoup de gueule. Un service à l’ancienne où tout est calculé avec beaucoup d’élégance pour que le client soit pleinement satisfait de son expérience de bouche. Nous avons le choix des armes, nous optons pour la grande table ronde en façade.

Menu 2 ou 3 services ? Comme nous avons envie de tout goûter, ce sera le 3 services, et comme nous sommes quatre à table, il nous sera facile de partager nos choix. Quelques mises en bouche pour débuter, je ne me rappelle plus de tout, mais bien des Chapatis indiens avec tapenade, ainsi que de gourmandes gougères au fromage.
En entrées, nous nous partageons des médaillons de langouste basse température accompagnées de pousses d’épinard, de coco, de gingembre, de radis roses et d’un beurre de citron Kafir. En parallèle, un consommé de langouste… et pour Pierre et moi, de la lotte fumée servie avec un tartare de tomates noires parfumé à la menthe poivrée, feuille de Brick, Stracciatella de bufflone, et en parallèle, un gaspacho de tomates, de Gin et d’herbes fraîches. C’est amusant de voir l’assiette principale accompagnée d’un second goût, goût à déguster dans la foulée, mais séparément, il en ira de même pour les plats. Alors que dire, tout est excellent, beaucoup d’audace dans les préparations, des mélanges que l’on retrouve rarement. Attendons voir la suite…
Nous avons fait la quasi-unanimité pour le plat, seul Pierre penche pour le Tataki de bœuf « Noir de la Baltique » accompagné d’un caviar végétale, de salicorne et d’asperge verte, sauce café au léger et blinis. Pour nous trois, ce sera de la Cigaline de porc ibérique, servie avec un clafoutis aux cerises, des giroles, de l’huile de roquette, et un réduit de cerise et de lavande. J’adore la Cigaline, une pièce de viande très peu connue sous ce nom, la Cigaline est en fait l’araignée du cochon, elle se situe dans le haut du jambon, tout près de l’échine. Viande tendre et savoureuse s’il en est. On se régale bien que la cuisson nous semble un peu trop longue, ce qui lui donne un peu d’élasticité !

Les desserts ne seront pas en reste… nous nous partageons un met à base de myrtilles en deux services, primo une île flottante de myrtilles à la crème anglaise, et deuxio un sablé à la myrtille avec un sorbet estragon, choix surprenant… et un Javanais au citron Yuzu, biscuit cacao noisette et glace à la camomille.
Du côté de la théorie des fluides, je laisse la main à Pierre qui a toujours un talent certain pour choisir de belles quilles. En blanc pour débuter, un 100% Viognier de Rosine du Domaine Stéphane Ogier de 2022. Une petite merveille, une perle dans son écrin. Un vin très floral et épicé à la fois, un bel équilibre et une touche de gras, très beurré… Un excellent choix, vraiment ! Il nous accompagnera de l’apéritif aux entrées. Ensuite, un Lyrac rouge pour accompagner les plats, un « La Lorentine » 2016 du Domaine de Marcoux, un assemblage de Grenache, de Mourvèdre (j’adore ce cépage…) et de Syrah. Un vin généreux, corsé, savoureux, tout est là, tout est dit !
