
Ce soir, c’est retrouvaille ! Après le brunch de l’Union nautique et les pizzas de Giova « Courarèdji », rendez-vous est pris chez mon ami Maurizio, au Rosso Vino pour ne pas le citer. Je suis sûr que nous allons passer une excellente soirée, ne serait-ce que par le côté bon enfant des lieux, mais également du fait de la qualité des mets et préparations du Chef et de sa brigade.
Rosa et Eric ? Présents ! Sevgi et Roger ? Présents ! Suzanne ? Présente ! Bon, maintenant que l’appel est fait, il est temps de passer aux choses sérieuses… ça tchatche comme s’il y avait quarante ans que nous ne nous étions pas vus… Ah bon ?!? Déjà ? Ah oui, tout de même… ! (Smiley !) Un apéro le temps de parcourir le pantagruélique tableau des propositions du jour, Maurizio arrive « in soccorso », histoire de nous traduire et de nous expliquer ses suggestions.
La table étant assez divisée, et ma mémoire me faisant défaut, je ne me rappelle pas tout mais comment oublier le Vitello tonato, la Parmigiana di Melanzane et les Croquettes Parma, Parmigiano & Cacio e Pepe ? Quelques explications peut-être… le Vitello tonato est du veau à la sauce au thon, comme en Italie ! Mélange subtil de deux aliments qu’on n’aurait jamais pensé si bien s’accorder. C’est un plat typiquement piémontais, servi frais, préparé à partir de tranches de viande de veau, recouvertes d’une sauce à base de thon, de jaunes d’œuf, d’anchois, de câpres, d’huile d’olive et relevée de jus de citron, c’est délicieux, surtout en été. Quant à la Parmigiana, ou Parmigiana di Melanzane, c’est un plat du sud de l’Italie que l’on peut résumer à un gratin d’aubergines à la tomate et au fromage. Mes croquettes, elles, sont à tomber ! Trois belles et bonnes bulles croustillantes qui renferment deux véritables trésors de la ville de Parme, à savoir le Parme et le Parmesan, et pour la troisième, Pecorino et poivre… Un festival !

Du côté de la théorie des fluides avant plats… Maurizio nous propose un excellent Caudium Benevento Aglianico IGT de la cave Masseria Frattasi. Ce vin rouge bénéficie d’un affinage en barriques françaises de deuxième passage pendant une période de 9 mois, puis il repose ensuite encore trois mois en bouteille. Notre quille offre immédiatement une finesse aromatique impressionnante, des arômes de fruits noirs (cerise noire, mûre) avec des notes de violette, et de légères touches fumées, voire épicées, probablement dues au vieillissement en fût. Un régal !
Plongeons maintenant dans l’ambiance électrique d’un combat intense ! Dans le coin rouge, à ma gauche, accusant 318 grammes à la pesée, le Roi de la Pasta, le préféré des gastronomes italiens, j’ai nommé Mister Paccheri… servi avec un ragoût de légumes, et nappé d’un pesto « Parmigiano » ! A ma droite, dans le coin bleu, son challenger, connu pour son allonge redoutable et ses crochets ravageurs, Mister Poulpe… accompagné de pois chiches, de carottes et de céleri !
Tout se joue maintenant, le champion esquive de justesse un uppercut, riposte avec une combinaison rapide, mais le challenger contre-attaque avec une droite redoutable. Le gong retentit ! Fin du combat. Les bretteurs de la fourchette se saluent avec respect, le public acclame cet affrontement mémorable. Le vainqueur se verra remettre, au dessert, le trophée du « Cannolo siciliano”, tandis que, bon perdant, Mister Paccheri se verra, lui, remettre un « Tartufo nero affogato al caffè »… Quel match mes amis, quel match ! Sur ce je rends l’antenne et je vais m’offrir quelques « Grappine », histoire de me remettre de mes émotions.
